Dimanche 29 juin 2008

Plein d’avenir

 

L’enfant joue avec le feu

Flamme si haute des yeux

L’enfant traverse les cieux

Icare béni des dieux



Voici le regard sévère

De celui qui fut ton père

Saturne l’enfant envieux



 

Chute d’Icare

 

Pattes d’oiseaux dans la glaise

Barque tirée sur la plage

L’enfant le ciel la falaise

Le vol du cœur, doux visage

 

Instant sans durée vertige

Aspire la peur voltige

Aimant bleu  du rivage

 

  

 

 Le secret

 

Hier derrière le miroir

S’ouvrait une vie à l’envers

C’est par là que fuyait le loir

Pourchassé par  l’hiver

 

Enfant  cherchais tu as voir

Le cœur qui bat sous la cendre

Et palpite de mots tendres ?

par Xavier publié dans : poésies
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Mercredi 25 juin 2008

 

De mon enfance il ne reste rien. Les portes de ma mémoire pendent aux gonds et battent dans la tempête mentale. Un grand blanc  comme la neige recouvre tout. Autrefois Ephraïm et Perséphone arpentaient les couloirs et les souterrains. Personne ne les convie plus à nos jeux. Ces deux braves fantômes ne font plus illusion. Voici le mur en grés rose des Vosges et le plancher en chêne. Ce plancher qui un jour s’ouvrit sur l’abîme de ma vie.

Ah oui !!! Comment parler aux adultes ? Avec leur habileté légendaires ils sortent la moulinette à parole et dès que les enfants tentent de raconter l’indicible ils moulinent. Comme la vieille Léontine moulinait le café le moulin entre ses genoux en nous invectivant sur le pas de sa porte. Une femme en noir. Une de plus. Quand revenait novembre elles avançaient courbées en deux vers le cimetière.

 

Si j’avais pu parler sans doute ne serais-je jamais allé en enfer. Mais on ne m’écoutait pas. Quand je voulais parler il fallait que je murmure ou que je crie. On ne m’entendait pas. Pourtant il était urgent de dire la blessure, de dire que j’avais reçu un éclat de glace au cœur de l’hiver fiché dans le cœur de ma solitude.

 

Autrefois la maison signifiait le monde. De nombreux circuits faisaient le tour de l’univers. Et nous sondions les murs. Parfois j’étais envahi par la peur. J’avais deux secrets.

Le premier concernait Ephraïm. Celui qu’ainsi je nommais, était l’ombre qui glisse le soir dans les rideaux et se penche sur vous quand vous allez vous coucher là-bas tout au bout du corridor.

Le second occupait un gigantesque cadre légèrement incliné sur la gauche. C’était un visage de femme d’une grande beauté. Le nom de Perséphone lui allait bien car elle avait quelque chose d’antique et de douloureux à la fois. Quand j’entendis quelqu’un parler de la déesse Perséphone qui veillait sur la destinée des morts je pensais à elle. Son nom métallique et sonore m’évoquait une silhouette féminine glissant diaphane sur un rivage argenté.

A ma connaissance ces deux là n’entretenaient aucun lien.  Mes  angoisses, mes hantises étaient démultipliées par leur double présence, c’est tout. La nuit seulement. Le jour je relevai le défi et je me persuadais qu’un autre monde existait de l’autre côté des murs.

Tous mes sens en éveil je cherchais l’entrée de ce monde. Une porte dérobée. Je la cherchai d’abord derrière le cadre de Perséphone, puis derrière les armoires que je tentai de faire glisser. Ce monde plus vrai que le vrai monde.

Je lu quelques récits qui me confortèrent dans ma quête. Je mis dans le secret un ou deux enfants, des cousins, et je fus assuré, dès lors, d’avoir de fidèles partisans muets comme des tombes.

Plus nos recherches demeuraient vaines plus mes certitudes se renforçaient quand à la réalité d’un monde caché. 7 ans l’âge dit de raison survint. Je devais composer.

La nuit de mes huit ans, en plein juillet, je fis un horrible cauchemar. Le vent entrait par les vitres brisées et envahissait l’immense demeure. Lorsque plus tard je vis des photos des bombardements de la seconde guerre je trouvai la juste représentation  de ce rêve terrible.

La neige entrait avec le vent et la chambre était toute blanche. La neige s’accumulait à une vitesse fantastique. Soudain un gouffre s’ouvrit prêt de moi dans le plancher de la pièce. Les meubles anciens s’engouffrèrent avec fracas. Je ne pouvais me retenir et contemplait fasciné l’abîme sous la maison. Je m’éveillais en sursaut. La nuit était gluante. J’avais crié mais j’étais si loin des autres occupants des lieux que personne ne fut réveillé. Alors levant les yeux dans les ténèbres je vis le sourire de  Perséphone. Un sourire vert de haine et de colère. Mon cœur battait si fort et j’étais médusé, je ne pus même pas me cacher sous les draps.

Combien de temps s’écoula jusqu’à l’aube, je ne sais. Au matin le ciel d’été avait pris une nuance gris floconneux. Désormais la lumière serait voilée pour toujours. Je voulus raconter. Mais les fantômes ne m’écoutaient pas. Ceux qui se considèrent comme vivant ne voulaient pas même entendre de tels enfantillages. Je n’insistais pas. Je repris ma quête de je ne sais quoi.

 

 Ephraïm se manifesta un après midi. Je lisais dans les escaliers du grenier. Un endroit stratégique d’où je pouvais surveiller tous les craquements de la bâtisse. Son aile grise se posa sur mes tempes et je frémis de plaisir. Ephraïm est un ange gris. Il a la transparence des ailes de libellules. Il est vieux et très jeune enfant, comme Saturne.  Ephraïm me parla avec une voix de jeune fille. Je tombais amoureux. Ephraïm me proposa de le suivre. De le suivre très loin en volant. Du haut de l’escalier la perspective est belle. A l’oreille gauche c’est Perséphone aux yeux verts qui m’encourageait. Je n’hésitais pas très longtemps…

***

La maison n’est plus qu’un tas de  ruines mentales. J’y reste irrémédiablement attaché. Après mon vol d’Icare, elle fut abandonnée. Les douces paroles de mon père en route pour le cimetière vont avec le vent des haies. Si douces et si tendres. Quelle andouille ce gosse !

Un vent à déraciner les pierres… Un vent à écarteler la toiture… Jetées au ciel d’hiver les feuilles de milliers de livres que je ne lirai jamais. Le rire de Perséphone me berce et la tendresse ambigüe d’Ephraïm me comble.

 

 

 

 

par Xavier
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Mercredi 18 juin 2008

s

elon l’humeur, elle descendait la rue, plus ou moins inspirée. Sa merveilleuse démarche rarement prise en défaut. Parfois elle oubliait qu’elle portait des  talons aiguilles, elle semblait voler. De hauts talons aiguilles provocants comme seules les gitanes en portent encore. Cela l’obligeait quelque peu. A midi les murs éclatants, les volets déjà clos, la rue était vide, elle dansait une danse solaire.

Elle descendait vers la masse confuse de la vieille ville  dans la brume suffocante.

L’homme sans mémoire percevait les tictac sur le pavé, son cœur battait plus vite plus fort. La femme enfant passait devant lui, le frôlait, sans un regard. Il vivait  l’extase méridienne, le jour pouvait finir, plus rien n’importait après son passage.

 

Jamais il ne l’avait aperçue remonter la ruelle sinueuse. Que ce soit  le soir ou à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. Sa destinée était,  semblait il, de descendre sans fin, comme la séquence exaspérante d’un film repassé  des heures durant par un esthète malade. Comme un Canto Jondo vertigineux.*

Il n’était à vrai dire qu’une ombre, l’ombre de lui-même. Il n’avait aucun but aucune raison d’être. Il était arrivé l’hiver précédent pour peindre. Il avait entreposé son matériel de peinture dans la chambre de cette pension minable.

Puis il s’était assis à la terrasse. La rue cavalcadait devant lui. Une pente sévère.

En face la végétation en émulsion débordait le faîte d’une toiture crevée et pendait échevelée sur un mur nécrosé autrefois badigeonné d’un ocre triste comme le désert.

Le jour où elle survint pour la première fois son cœur était endormi depuis des années sous des couches de cynisme.

Il la vit arriver au virage exigu - le martèlement de ses talons semblait donner une cadence et il s’attendit au frais fracas des claquements des mains gitanes, à la  fournaise d’une voix tourmentée.

La silhouette frêle occupait tout l’espace. Ce fut un ravissement. Jeune, elle l’était, bien trop pour ses pensées sensuelles. Mais femme, plus femme, il n’en avait jamais imaginé auparavant.

 Le sarcasme morose s’éteignit à l’intérieur de sa cervelle de damné.

Au passage elle balaya du regard les trois tables de la terrasse installée sur la ruelle. Mais elle ne le vit pas il en était certain.  Il crut sentir la fraîcheur d’une aile d’oiseau  puis la brûlure d’un fer chauffé à blanc.

Le printemps est éblouissant dans ce pays. L’âme s’y aveugle. On s’obnubile d’une seule chose durant des heures. Une saveur de thé, le mouvement d’une ombre, le parfum de la pluie au crépuscule, une haine farouche qui peut conduire à sortir la navaja.

L’homme ne vivait plus que pour elle. Dans un éternel présent. Sans projet de conquête. Sans projet.

 

Seul le destin le contraint à commettre l’irréparable.

Un jour qu’il guettait  l’instant où elle allait paraître, cet instant devenu sa seule raison de vivre, il entendit un hurlement provenant du haut de la rue.

Comme poussé par un ouragan il se sentit soulevé de terre et en un instant se trouva là pour la voir vaciller les bras levés s’accrochant vainement au ciel. Un autre homme, immobile,  le couteau à la main, la regardait tomber, faseyant comme la voile d’un rêve, soudain si frêle, si vulnérable.

L’homme au couteau ne semblait pas le voir. Il se tenait debout comme un toréador les jambes légèrement écartées, immobile. Elle, soudain presque blanche comme une Geisha trop poudrée, s’effondra à ses pieds. Le peintre déchu  se laissa tomber à  genoux auprès d’elle.

Le meurtrier laissa tomber son couteau qui rebondit et s’immobilisa dans l’eau claire d’une rigole puis, faisant demi-tour, descendit d’un pas très lent la rue du vertige.

*

Le peintre s’était mis à l’œuvre quelques jours après l’enterrement. Il avait suivi la cérémonie malgré les regards hostiles de presque toute la communauté. Mais on ne tue pas ce jour-là.

Le patron de la pension lui avait donné son accord,  il pouvait peindre sur la façade en face de la terrasse. Cela attirerait les clients. Cela apurerait l’ardoise du peintre.

La fresque grandit comme une voile que l’on tend. La jeune fille apparut peu à peu, telle qu’il l’avait vue, tous la reconnurent et pourtant tous disaient que ce n’était pas tout à fait elle, qu’elle était plus belle encore que la jeune gitane. Mais lui ressentait au contraire les pauvres limites de son art. Il mit toute sa vie dans cette fresque. Tous s’accordaient à la trouver divine et pourtant elle lui échappait encore.

Elle dansait à présent pour les clients de l’estaminet, elle qui ne s’y était jamais arrêtée même un court instant. Il en conçut une sombre jalousie. Elle semblait danser pour tous sauf pour lui.

Alors lui vint l’idée d’ajouter aux côtés de la jeune femme une image du  peintre en train de peindre la jeune femme un pinceau-lame à la main.

Il peignit cela au clair de lune puis disparut de la mémoire des gens de la ruelle.

 

*De tous les chants du flamenco le Jondo est le plus tragique le plus profond tant par l’intensité de la musique que par la fatale beauté de ses paroles.

 

 

par Xavier publié dans : latinas
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Dimanche 4 mai 2008

 










TODO LO MISMO. EL NARANJAL, LA FUENTE

REGANDO SU CANCIÓN BAJO LOS PINOS,

LA MISMA SUTILEZA DEL AMBIENTE

Y LOS MISMOS CAMPESINOS.

EL CORREDOR PERDIDO ENTRE LAS HOJAS

ANCHAS Y VERDES DE LA ENREDADERA

DONDE DEJABA EL VIENTO SUS CONGOJAS

CUANDO SE IBA A MORIR LA PRIMAVERA.

Y LA MISMA VENTANA DESTEÑIDA

DONDE ASOMABA SU PERFIL DIVINO

CASI TODAS LAS TARDES DE LA VIDA

A MIRAR LA SERPIENTE DEL CAMINO.

POR ESO TODO ES TRISTE. DE LA CUMBRE

BAJA UN RONDEL DE MÚSICA SALVAJE,

EL VIENTO QUE INUNDÓ DE PESADUMBRE

LA AGRESTE SOLEDAD DE LOS PAÍSAJES.

 

AHORA QUE PUEDO NO SÓLO MIRAR SINO “VER” DESDE MI CAMA

LAS AGUAS DE UN MAR SIN SAL Y SIN AHOGADOS;

AHORA QUE PUEDO GUARDAR ESAS MONTAÑAS EN EL BOLSILLO

DONDE GUARDABA LOS CIGARRILLOS AMARGOS;

AHORA QUE YA CASI VIAJO DONDE EL ANIMAL TIENE QUE VIAJAR,

VOY A MIRARLO TODO CON SONRISA DE ARMONÍA SANGRANTE,

VOY A PONERME NUEVAMENTE LA PIERNA DERECHA,

VOY A PONER UN SERRUCHO EN CADA ENCÍA

Y VOY A “VIVIR” HASTA QUE MUERA.

Y POSIBLEMENTE AMARÉ LAS MAÑANAS

Y NUEVAMENTE ALGÙN CREPÚSCULO PEINARÁ MIS CEJAS.

¿CREES ALMA MÍA QUE ESTE CUERPO FATIGADO Y REBELDE,

MEDIO CUERPO QUE ANTES FUERA ARMÓNICO,

QUIERA SOPORTAR MÁS ESTA TIERRA DESLUCIDA Y CRUEL?

¿O MI CUERPO AGRIETADO PERMANECERÁ ETERNA TEA?

¿LLEGARÁN LOS VIENTOS COMO LAS ARGOLLAS

QUE LLEGABAN A MI NIÑEZ DE PECECITO SABIO

A REFRESCAR LOS LATIGAZOS DE BAMBULINA

CON QUE MIS PADRES Y SACERDOTES ESPAÑOLES

CASTIGABAN MI MANERA DE MIRAR AZUL?

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Dimanche 4 mai 2008
link

Siboney

 




Siboney yo te quiero yo me muero por tu amor

Siboney al arrullo de la palma pienso en ti

Ven a mi que te quiero y de todo tesoro eres tu para mi

Siboney al arrullo de la palma pienso en ti

Siboney de mi sueño si no oyes la queja de mi voz

Siboney si no vienes me moriré de amor

Siboney de mis sueños te espero con ansias en mi caney

Siboney si no vienes me moriré de amor

Oye el eco de mi canto de cristal

Siboney de mis sueños te espero con ansias en mi caney

Siboney si no vienes me moriré de amor

Oye el eco de mi canto de cristal

No te pierdas por entre el rudo Manigual

par Xavier publié dans : latinas
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Samedi 26 avril 2008

 

Salins de Giraud en Novembre

(notes  pour quelques aquarelles à main levée)

 

Bord de mer laisse du jour

Dans la vaporeuse clarté de novembre

Un soleil ouvrier roule bord sur bord

Lourd d’une nuit d’infortune

 **





Le sable désolé

Des scories de l’été

En attente de marées plus hautes

 **

La Camargue prise en son damier

Ses étangs miroirs

La salicorne

Et plus loin la lueur rose des salines

 **

Un vol de sarcelles d’hiver

Signe le ciel

**

L’étang de Lor épouse le ciel

L’enlace et le noie

Bois flotté des jours

 **

Par la fenêtre le mur rouge

Kakis - phares dans le soir

Cette ville du sud ou tu as tant marché

 **

La plage phosphorescente 

Violette et venteuse soirée

Un seul client derrière le bar de la jetée



**


Montpellier

 

Sous l’orage tardif  la ville grise luit.

A sept  heures du soir je marche sous la pluie,

Des senteurs prégnantes envahissent les squares,

Je te cherche, Morgane, dans la tristesse du soir.

 

 

Voici ton noir regard dans cette nuée crue

Qui clos un ciel d’ivoire au bout de l’avenue.

Cette femme qui passe lente comme un envol

Fait palpiter mon cœur qui soudain s’affole.

 

Brune comme la lande, elle passe sans bruit

Dans la nuit électrique, palpitante vigie,

Dans la sourde colère des voitures en furie,

 

Elle flotte un instant  face à une vitrine,

En  sa grâce émouvante de simple citadine

Innocente du charme qui  aveugle la suit.

**



Nîmes

 

Sept collines

Ville de Nîmes

Ville romaine

Douce et pleine

 

Comme les tuiles de tes toits,

Comme l’hirondelle,

Le martinet,

Qui fait frissonner l’été.

 

 

sous ta langueur

Provençale

Coule le feu 

De l'Espagne

L'éclair de la lame gitane

L'attaque de la corde flamenca 

 

J’ai arpenté toutes tes violences

Toutes tes outrances

Ville de Nîmes que sept fontaines

N’abreuvent pas n’abreuvent pas

Même  le sable de l’arène

Boit de sang froid

Et mes amis d’autrefois

Tout de sang chaud

Peignent tes nuits

Et tes amours

Et tes atours

 

Nîmes la belle vieille

Que la tour Magne

Veille

Reste fidèle

-Micocouliers-

-Pierre du Gardon-

-Reflets vermeils-

A ses pensées

 

 







 

par Xavier publié dans : poésies
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Samedi 26 avril 2008

 

 

Réflexions matinales

 

 

La lumière de la lampe de chevet  s’estompe lorsque, glissant latéralement, la dame vient s’immobiliser en face de moi, entre les montants verticaux moulurés en frêne, dorés à la feuille, une merveille de Murano. Elle se penche en avant  et sa bouche déformée manifeste le dépit ou le dégoût. Elle disparait brusquement en arrière et soudain la lumière est intense. Une fois les volets ouverts le jour plaque sa virulence sur la peau soudainement terne de la dame.  Je n’en garde que quelques lux pour ce qui m’est nécessaire. Dame s’ajuste et fini par garder la pause. J’y vois mieux. D’abord les ouvertures noires et brillantes des grands yeux que j’arrive le mieux à figurer. Oui intenses projections de quelque chose de plus que de la pure lumière ! Merveille qui fore l’espace mais que je reçois atonique par professionnalisme! Vrilles qui sondent les profondeurs mais que je maîtrise en surface pour mieux en cerner le dispositif  prédateur.

 

Puis une mèche rebelle mérite d’être relevée, le teint n’est pas mis en valeur par la laitance ingrate du jour naissant. J’ai du mal à jouer mon rôle et garder mon calme mais dès que les ombres au fond de la chambre  s’estompent et que les lignes de la bibliothèque se précisent, elle m’apparaît comme à l’ordinaire, tyrannique, les nerfs si faibles. Oh je sais, vous ne me croirez pas vous qui connaissez l’admirable business woman qui tout à l’heure présidera le petit déjeuner de travail, mais à cette heure !...Petits boutons qu’une lotion va nier drame intime…. Drame  de la symétrie, le côté  droit du visage plus amer est adouci par un flot de cheveux auburn tandis que le côté gauche plus décidé offre à voir une oreille parfaite au lobe orné d’un anneau créole de belle taille. Drame de la chevelure rebelle que l’on voudrait sans laque. Que de mal pour la satisfaire ! Y suis-je   pour quelque chose moi l’esthéticien invisible ? Pourvu qu’elle ne s’en rende pas compte, qu’elle s’attribue tout le mérite de cette beauté retrouvée, qu’elle ignore encore quelques années  que le tain un peu brouillé d’un vieux miroir de Venise  plein d’indulgence chaque jour se bat pour la faire paraitre  à son avantage. Car quelles représailles me guetteraient ! La relégation dans un grenier et les mouches en myriades célébrant le deuil de ma vue perdue…Oui tu es la plus belle encore aujourd’hui…Plus le temps passe et plus j’ai de mal à te convaincre et pourtant si tu voulais me regarder dans le fond des yeux tu apercevrais  l’enfant qui sommeille encore en toi, une enfant fatiguée par la vie que tu lui fais mener… Oui tu es la plus belle encore une fois ! Je suis un vil flagorneur mais j’ai  tellement peur de perdre mon emploi mais aussi je crois bien de te perdre à jamais lumière de ma vie.

 

Je changerai cette lampe ce weekend end pas ce soir, je rentre à 22 heures ! Ou je mets ce miroir à la poubelle ou je le donne à Delphine elle qui raffole des vieilleries. On ne garde pas un miroir uniquement  parce que le cadre est beau, non, non ce sentimentalisme te jouera des tours ma fille. Quelle mièvrerie ! Ah  ce fameux voyage à Venise à la, la parlons-en ! Eric disparu, envolé dès notre retour ! Je sais même plus ou il habite, faudra un jour que je fasse des recherches. Bon oui il faut que je presse le pas, on reçoit les japonais à 7 heures 30 ! Tiens  je me donnerais de baffes, j’ai plus de tickets de métro.  Ce matin je dois tous les clouer sur place. 2000 000 euros c’est le challenge ! Oh pas que j’ai envie de clouer qui que ce soit, je m’entends, mais c’est le jeu. Tiens ce petit bouton là il n’y était pas hier soir,  aïe ! Et dire que je suis en retard ! Fichue lampe allons ouvrir les volets ! Ah çà va mieux ! Oui en me coiffant comme çà je me trouve presque un air d’Agnès Jaoui….mais fatiguée… Oui c’est mieux avec la lumière naturelle. Çà va bien mieux, extra même ! Oh finalement mon petit  miroir tu n’iras pas encore à la brocante dimanche prochain.

 

 

 

par Xavier
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Mercredi 23 avril 2008


Il leva les yeux de son verre et regarda à travers la vitre du café. La pluie d’automne faisait luire le pavé dont l’éclat rehaussait le bronze terni de la diane chasseresse. A vrai dire il ne l’avait jamais observée comme en cette fin d’après midi. Pendant des années il avait gardé au fond de sa mémoire l’image déformée de cette statue, comme un remord sans visage. Il n’arrivait plus à se figurer les traits de cette divinité. Il était passé mille fois devant elle. Tous les itinéraires quotidiens durant de longues années, toutes les rencontres, elle seule en possédait la mémoire éternelle. Derrière ses yeux d’émail, sans doute, dans le froid réduit de sa splendide tête, les traces des vies passées achevaient de se corrompre. Il était revenu au point de départ. Trente ans s’étaient écoulés. Lorsqu’ il avait abandonné cette petite place sans faire d’adieux à quiconque, il avait à peine 18 ans. Dans les jours qui suivirent sa disparition il fut le sujet de toutes les conversations. Puis un autre incident relégua sa fuite inexpliquée au magasin des chroniques du quartier. Quelques alcooliques burent à sa santé avant d’oublier jusqu’à son prénom. Après des mois d’errance il s’était retrouvé dans cette ville déglinguée. Acharné à oublier. Même sa langue maternelle lui était devenue étrangère tout comme ce regard dans le miroir qui parfois jetait des éclairs inquiétants et qu’il ne reconnaissait pas. Cette ville déglinguée des tropiqu
es, sans passé ni avenir, l’avait enchaîné à ses charmes faciles. Lorsqu’un compatriote venait à s’enquérir d’un français vivant là, il fuyait. Il fuyait dans l’aguardiente qui le rendait odieux à lui-même. Il fuyait devant la folie qui le talonnait. Là bas il se mit à gagner de l’argent puisqu’il n’y avait rien d’autre à faire. Asunción du Paraguay ville de tous les possibles. Ici se pressent tous les trafiquants, toutes les races, tous les sexes, comme des tribus égarées dans le désert, piétinant aux portes de l’enfer. Dans cette cantina près de ce parc aux essences magnifiques il vécut plus de 30 ans. Il fréquentait des lettrés raffinés et des ruffians d’honneur. Il vivait selon les humeurs d’un climat cruel, l’hiver la poussière, le vent violent et cette lumière blanche angoissante, l’été, cette pluie vespérale, l’aguacero, comme une crise de larme qui calme la sécheresse des âmes. Au centre du parc la statue de San Martin le libérateur semblait prête à quitter son socle pour aller se cacher dans les haies ou les prostituées officiaient à toute heure. Les petits perroquets excentriques, verts à bec rouge, les pericos, les gros guacamaïos jaunes et bleu azur, venaient à tout moment l’enguirlander de fiente. Aux pied du socle les cireurs de chaussures astiquaient énergiquement les bottes en vachette de péons rêveurs. La rencontre eux lieu bien des années après son arrivée alors que ses cheveux étaient déjà devenus gris. La cantina était encore à peu près vide. Le jukebox jouait un tango de Gardel. Alors qu’il écrivait à la lueur d’un magnifique couché de soleil, une jeune fille vint s’asseoir à la table voisine. Seul le froufrou de sa robe l’avait renseigné. Dans les cantinas lorsqu’une femme seule vient d’asseoir au milieu des hommes, personne ne daigne la gratifier d’un regard. Seules les prostituées agissent ainsi se posant sur un tabouret parfois sans consommer, comme les oiseaux se perchent un instant sur les poteaux électriques d’où pendent mille fils comme des lianes, puis s’envolent de nouveau. Elles attendent mystérieuses. Aucune femme ne vient attendre un homme dans ces lieux. Seule l’oubli d’elles mêmes peut les conduire à entrer seules. Il leva les yeux de son verre et regarda la vitre donnant sur le parc et la statue du grand homme. Le soir tombait et on avait rallumé les lampes pigeon. La salle se reflétait devant lui. Il croisa le regard de la jeune fille. Des yeux d’obsidienne grise le fixaient calmement, tandis qu’une voix chaude demandait por farvor senõr…una limosna…..Il se retourna lentement vers elle. Elle ne devait pas avoir plus de 15 ans. Elle tenait un nourrisson sur ses genoux. Son visage admirable que la fatigue et les vicissitudes de la rue n’avaient pas encore dégradé, reflétait une force qui fit tressaillir son cœur. Comment un homme, au risque de perdre sa réputation, peut il condescendre à adresser la parole à une telle femme ? Comment peut-il se lever et partir avec elle sans se déconsidérer à tout jamais aux yeux des autres hommes ? Chacun reçoit à la naissance plus ou moins de virilité et doit, toute sa vie, veiller à ce qu’elle ne soit ternie pour toujours par aucun acte inconsidéré. Mais il n’était après tout qu’un étranger et pouvait agir de manière incompréhensible. Cette nuit là elle dormit chez lui dans une partie de la maison qu’il n’occupait pas. A l’aube il l’entendit se lever. Elle aurait pu le voler. Mais ce n’est pas ce qu’il craignait. Il craignait qu’elle ne parte sans rien dire. Il se leva et l’invita à préparer à manger pour le bébé. Plus tard elle resta là. Elle entra à son service. C’est ainsi qu’il expliqua sa présence chez lui. C’est ainsi qu’au café on cessa de l’ignorer. Elle se mit à la tâche. Il lui apprit à lire. Ils regardèrent grandir l’enfant. Ils allaient danser à la Esquina tous les dimanches et parfois se promenaient le long des avenues pour finir le soir, attablés sous les ampoules multicolores d’un parador à déguster quelques arepas tandis que l’enfant jouait avec les papillons de nuit. Il ne savait comment la garder près de lui pour toujours. Il ne pouvait sans se mentir lui proposer quelque chose d’inconvenant comme le mariage. Pourtant ils furent amants. Un jour à la période du vent sec et froid l’enfant âgé de deux ans tomba malade et en quelques heures quitta cette terre. Les yeux d’obsidienne de la belle jeune femme perdirent de leur éclat. Puis un matin elle ne fut plus là. Désespéré il la chercha en vain des mois durant dans toute cette ville ingrate. Avec le temps seul le souvenir de ses yeux gris lui resta. Elle n’avait rien laissé derrière elle. Même le souvenir du parfum de sa chair s’estompa. Une nuit il rêva d’elle ses yeux brillaient dans la nuit comme deux lucioles. Il leva une lampe et la statue de la diane chasseresse se trouva là devant lui le fixant de son regard étrange. Il comprit qu’il ne reverrait jamais celle qu’il était venu chercher dans la ville déglinguée. Un mois plus tard il était de retour.

par Xavier publié dans : latinas
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Samedi 19 avril 2008

en souvenir de German Castro Caycedo 
Confidences recueillies un soir d'ivresse dans un bar de Cali (Colombie)

 Moi Wilhem Espinosa, je lègue mon âme au diable. Que je meure si
je mens.

 A bigre ! Enfer et damnation ce sacré vapeur sent toute la misère
du monde et, reclus dans le noir, les oreilles bourdonnantes des
coups de paquets de mer contre la tôle luisante de graisse, cru me
rendormir…Puis jeté sans idée précise de droite et de gauche et
vomir de rhum trop sec à la pompe à pif chapardé englouti. Sur le
pont pas mieux pour s'allonger là –haut près des cheminées les
étoiles, sales petit coins de faux espoirs, esbignées par la fumée…


Les types m'ont dit que j'allais finir avec les requins pour avoir
tirer en douce un flingue dont j'avais envie pour soutenir ma petite
amie.

A mon corps défendant embarqué pour une misère de – dix mil pesos
devaluados de nada - mon eustache sous ma chemise j'ai fait contre
mauvaise fortune bon cœur.

Jouer les corps expéditionnaires à moi tout seul et voici
l'aventure que l'on vend à vingt ans aux fils de familles déchus. Je
croyais débarquer dans la torpeur de Miami, mal m'en a pris...

A des années poussière de mon arrogance…Hier déhanché hip hop
salsa, meilleur breaker de l'avenida septima ; pas de bassuco au
Club Campestre à Cali de l'héroïne et de la meilleure.

A bord bordel sans femme

Kapt' Jamaïcain, fusils israéliens, contra nicaraguayens, musique
de merde et cocorocco bien sûr : asi me gusta a mi…Et les hommes en
plus ou en trop.

Au large, effluves de Barranquilla, dépotoirs de toutes nos
outrances, bord de la Colombie non pas rive, rivage ou côte - trop
poétique - bord comme bordel…

« Je suis ta Cumbia tu es mon Merengué » accordéon troué de milles
balles entaillées d'une croix. ..

Toute croix porte un pendu tout pendu porte une croix et toute
église en Colombie abrite un assassin innocent. Tout bateau abrite
des morts vivants.


Oh bus débourbés des villages enfoncés dans la peur des revenants,
des petits frères collants, bus-chèvre qui m'a conduit en bas de la
Sierra Nevada de Santa-Marta, qui m'a conduit de nuit loin de Cali
et de Bogotà - 2600 m de paranoïa au dessus du niveau de la mer,
bus, ramène moi comme au sortir du collège, ramène moi, je veux
porter le poncho sur l'épaule et jouer des boléros pour Alba Inès…

Puis jeté à la mer, j'ai flotté parmi les épiphytes arrachés par
la tempête et à l'aube me suis échoué dans une mare de fuel dans le
port de Santa Marta ; La balle est restée dans mon torse on ne peut
pas y toucher, la balle avec la croix.

Bois mon petit frère cette nuit est la plus belle de ma vie, la
chaleur monte du ciment sur l'avenue déserte, les taxis et les bus
blanco y negro, azul-amarillo, verde-plateada te conduiront à
Juanchito pour danser la Salsa…



Discoteca Don José
90% Salsa
Entrada a Juanchito

Teléfono (572)

 

par Xavier publié dans : latinas
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Samedi 19 avril 2008




Depuis l´âge de 12 ans j´avais envie de voyager. J´avais envie de
découvrir ce pays vert. Sur la carte du livre de Géographie il apparaissait
comme le dernier territoire vers l´ouest. Une fois franchie la cordillère on
descendait vers des vallées profondes et tropicales. J´avais rêvé de ce
pays séparé de la vieille Europe par l´océan et par des montagnes de plus
de 5000 mètres.

Là bas j´imaginais durant des années, comme dans Nostromo de Conrad, une
république imaginaire ou l´exilé peut refaire sa vie, démontrer sa
vaillance, tournant un dos maçonné à l´ancien monde.

On arriverait à cheval, vers 5 heures du soir, au soleil déclinant, dans une
ville coloniale aux maisons blanches, aux arcades fleuries, aux patios de
brique rouge ; sur les chemins des fougères arborescentes graciles nous
feraient signe dans la bise du soir.

De vieux messieurs la ruana sur l´épaule, la guitare à la main, se
rendraient au café pour une joute musicale. Sur les pavés retentiraient les
sabots des chevaux menés au pas Espagnol.

Au loin la fumée du Volcan Nevado del Huila à 5800 mètres dans les nuages
surplomberaient de sa majesté la grande citée alanguie. Voici les rares images
qui déterminent un homme de 34 ans à accepter un poste de professeur dans un
collège Colombien. Ces images nichées dans ma mémoire de collégiens
n´avaient été conservées que pour me tendre ce piège.

Un soir de septembre 1984 je monte dans le 747 de la compagnie Avianca
destination Madrid - Point à Pitre- Bogotà.

16 heures plus tard je suis à l´aéroport El Dorado le mal nommé. Il pleut
et le taxi slalom entre les fondrières. Les bâtiments de brique rouge
défilent durant des kilomètres. Nous arrivons au centre ville m´assure le
chauffeur ; plus rien à craindre señor ; cependant le décor me semble le
même depuis le départ. Dans le hall de l´hôtel à la moquette rouge sang
digne du décor de Shining mon contact ne m´attends pas ; contactée par
téléphone sa femme m´assure qu´il sera là dans 56 minutes in punto et que
je dois rester tranquila et fresco que tout va bien. La soirée passe je me
décide à sortir manger ; le réceptionniste me propose un taxi pour aller au
restaurant, comme je lui dis que je vais à celui qui est juste en face il me
répond : prenez le taxi c´est plus sur on voit bien que vous êtes un gringo.
Je ne tiens pas compte de ce conseil car je pense que ce jeune gominé à la
peau mate et aux grands yeux luisants est en cheville avec
un taxi pour plumer le gringo justement.
Au restaurant je commande la « bandera ejecutiva » « le repas d´homme
d´affaire » : le plat brasserie unique : une tasse de riz, une tasse de
haricot rouge, un morceau de manioc, un morceau de banane plantain et un oeuf
sur le plat avec une gazeosa au délectable parfum chimique à la robe rose qui
devrait avoir parfum de pomme. J´expédie ce repas sans conviction et commande
un grand bol de panela fumante ; mon infusion avalée je vais payer à la caisse
; la caissière fardée à outrance et maniérée comme une caricature me dit :
vous êtes gringo n´est ce pas ? ah ah ? Français ; Français ah ah ? oui je
viens d´arriver ...Oh bien ah ah ...Vous êtes à l´hôtel ? Oui juste en
face. Vous devriez prendre un taxi señor c´est plus sur à cette
heure...Interloqué je sors sur le trottoir et à cet instant Ah Ah, un taxi
pile devant moi ; un des ces gigantesques veaux américains qui polluent toutes
les grandes capitales latinos et font le bonheur
des touristes. Je refuse de la main et traverse ; arrivé au milieu du
terreplein un type m´accoste et me demande ou est le musée des armées. Avant
que j´aie ouvert la bouche il me dit mais vous êtes Gringo ? Moi aussi je
suis étranger je suis Vénézuélien. A ce moment comme dans une comédie
entre en scène un type à costar noir rayé de blanc un mauvais feutre sur
l´oreille un genre de Guy Marchand des tropiques à moustache qui interpelle
l´autre et lui dit : « dîtes donc vous le Vénézuélien vous avez vos
papiers ? Police » ; Le Vénézuélien s´exécute ; il sort un passeport
avachi entre les pages duquel pointe un billet de 1000 pesos orné d´une
reproduction de statuette Chibcha. Je ne comprends pas l´échange acéré et
confus entre les deux quidams ; je perçois vous autres Vénézuéliens et nous
autres Colombiens ; je pense qu´ils évoquent quelque différents frontaliers
de l´époque de Bolivar. Puis le pseudo policier fait signe
au Vénézuélien de s´en aller tandis qu´il le poursuit d´une logorrhée
: tu t´en tire à bon compte etc.....Nous sommes enfin seuls ; il m´adresse
son plus beau sourire de vautour et poursuit et vous ? Gringo à ce que je vois.
Vous avez votre passeport señor amigo ? No ? porque No ? Il est à l´hôtel ?
En face ? bien je viens avec vous ; nous réussissons à traverser et à ce
moment, arrivés devant l´hôtel Cristobal Colomb le type me demande si je
préfère lui donner 1000 pesos ou venir avec lui en taxi au commissariat pour
déposer. Mais je vous dis que le passeport est à l hôtel ; le type sort sa
plaque de policier et écartant le pli de sa veste me laisse entrevoir son colt.
Je suis prêt à entrer dans l hôtel de force mais il me barre la route et
déjà un petit attroupement s´est formé autour de nous. Je commence à
m´énerver et il me dit tranquilla fresco faut pas vous énerver señor amigo
il faut régler le problème et tout ira
bien ; devant l´attitude menaçante de la foule à qui il laisse entendre que
je suis un trafiquant de cocoroco,